La robolution est un phénomène à la course lente mais certaine. Il y a quelques années à peine on se demandait encore « faut-il avoir peur des robots » ? Aujourd’hui, les chercheurs se demandent plutôt « faut-il avoir peur de l’avenir ? ». Tout cela pour dire que l’arrivée des robots semble inéluctable et qu’il va falloir faire avec. Déterminer des cadres éthiques et juridiques pour accompagner ce processus et faciliter leur intrusion dans notre vie quotidienne est une priorité. Car si cet avenir semble inéluctable, il n’est pas sans susciter nombre de craintes et de controverses. Les philosophes, les gouvernements et les salariés, tous craignent que la robolution ne déchire l’humanité. Le mieux pour que ce scénario noir ne se déroule pas est encore de l’accompagner. C’est ce que commence à faire Washington en se saisissant de la question de l’intelligence artificielle le mois dernier.

Car les robots et par extension les systèmes automatisés voire autonomes ne sont plus un fantasme, les compagnies dites « traditionnelles » s’y mettent toutes les unes après les autres d’une manière ou d’une autre. L’automobile se lance dans la voiture autonome, les commerçants et banques dans le Big Data et l’I.A, les villes se lancent dans l’internet des objets et le cloud, et les frontières entre ces différentes technologies et champs d’activités seront de moins en moins opaques. Car ceux qui soutiennent le phénomène sont aussi ceux qui engrangent le plus d’argent, Facebook, Google et Amazon en tête. La tendance a donc pu s’accélérer ces dernières années grâce – ou à cause- des efforts continus des chantres de la Silicon Valley. Aujourd’hui tous les grands groupes investissent d’une manière ou d’une autre dans une technologie automatisée, que ce soit en développant des laboratoires de R&D ou en rachetant des start-up spécialisées.

Ces grands bouleversements technologiques, nous l’avons dit, s’accompagnent naturellement de grands bouleversements éthiques, moraux, sociaux et économiques. Des évolutions que tentent de rendre compte de nombreux documentaires consacrés à la robolution. Voici notre sélection.

L’immortalité, l’ultime frontière de l’Homme ?

Dans Immortalité, dernière frontière, Arte enquête sur ceux qui parient sur la vie après la vie. De la Silicon Valley à la France, elle passe en revue les recherches et entreprises des plus folles aux plus modestes et qui font que ce rêve millénaire pourrait bien devenir réalité. Point positif, les auteurs se gardent d’évoquer avec fracas les dangers de ce fantasme, sans pour autant les taire, ils aborde objectivement les bouleversements qu’un tel accomplissement pourrait engendrer sur la nature humaine à travers les témoignages d’entrepreneurs, de scientifiques et de sociologues. Avec ce superbe documentaire aux plans surréels, à la fois contemplatifs et chimériques, Arte nous embarque pour un bain de Californien, berceau des nouvelles technologies, sans qu’on en ressorte trop effrayé.

Occident-Japon : le choc des cultures ?

Documentaire en anglais datant de 2015 et diffusé sur Vprotegenlicht, chaîne néerlandaise. Ce documentaire tente de répondre à une question. Pourquoi les japonais sont-ils beaucoup plus enthousiastes à l’idée de co-exister avec des robots que nous autres occidentaux ? Alors que nous faisons part de notre réticence voire de nos craintes, les japonais embrassent la robolution. Ce qui anime les japonais dépasse la seule vision de la robotique comme moyen de composer avec le viellissement de la population. Plus qu’un instrument, c’est un véritable compagnon que les nippons voient à travers le robot, c’est d’ailleurs eux qui sont à l’origine des premiers robots d’apparence humaine et animale, comme Asimo, le chien Aibo ou encore les androïdes du Docteur Ishiguro. Pourquoi avons-nous peur des robots intelligents ? Telle est la question à laquelle répond cette enquête.

Arte au royaume des robots

Arte explore ici les relations humains-robots en rendant visite aux laboratoires qui fabriquent le futur. Le photographe américain Max Aguilera-Hellweg, passé par le TIME Magazine, Rolling Stone, Newsweek et bien d’autres, décortique dans cette enquête les défis éthiques, sociaux et scientifiques que la société doit relever face à la robolution. Des Etats-Unis au Japon, le photographe capture le visage de ces robots en développementaux quatre coins de la planète.

Les robots dans l’enfer de Fukushima

Ce documentaire diffusé sur la châine RMC Découverte a le mérite d’aborder la question des robots au prisme d’une application concrète et directement utile. Nous vous en avons nous-mêmes relaté certaines histoires, la structure mécanique et non biologique des robots faits d’eux d’exceptionnels outil de travail dans les milieux particulièrement hostiles voire invivables : Espace, fonds-marins et… centrales nucléaires. Après la catastrophe de Fukushima en 2011, les grands groupes nippons saisissent l’opportunité pour mettre à contribution leurs robots, qui n’en sortent pas toujours sains et saufs.

Image d’illustration : Le robot imprimé en 3D d’InMoov, qui n’a aucun lien direct avec ces reportages.

Sources